Indemnisation des victimes d’accidents de la route
Après un accident de la route, une question revient systématiquement :
👉 ai-je droit à une indemnisation ?
👉 faut-il prouver une faute ?
👉 comment l’assurance doit-elle me indemniser ?
La loi Badinter du 5 juillet 1985 a précisément été créée pour répondre à ces situations.
Elle organise l’indemnisation des victimes d’accidents de la circulation impliquant un véhicule terrestre à moteur et impose aux assureurs un cadre strict, protecteur et encadré par des délais.
En pratique, la loi Badinter permet à la majorité des victimes d’accidents de la route d’être indemnisées sans avoir à prouver une faute, dans des délais strictement encadrés.
Sommaire (cliquer pour dérouler)

Qu'est-ce que la loi Badinter ? Qu'apporte t'elle ? Comment fonctionne t'elle ?
🔎 En résumé (à retenir immédiatement) sur l'indemnisation des victimes d’accidents de la route
- La loi Badinter s’applique dès qu’un véhicule motorisé est impliqué dans un accident de la circulation
- Les piétons, cyclistes et passagers bénéficient d’une protection renforcée
- L’indemnisation repose sur le principe de réparation intégrale
- La faute de la victime est très rarement opposable
- Les assureurs sont soumis à des délais légaux stricts
❓ Loi Badinter : comment ça fonctionne ? (les 3 questions essentielles)
1️⃣ Quand la loi Badinter s’applique-t-elle ?
Dès lors que :
- un accident de la circulation survient,
- au moins un véhicule terrestre à moteur est impliqué (voiture, moto, scooter, camion, bus…),
- et qu’une personne subit un dommage corporel.
👉 Le contact direct n’est pas toujours nécessaire : l’intervention du véhicule suffit.
2️⃣ Qui est indemnisé et dans quelles conditions ?
La loi distingue le statut de la victime, et non la responsabilité pénale.
🔹 Victimes non conductrices (régime très protecteur)
Sont indemnisés quasi automatiquement :
👉 Leur indemnisation ne peut être réduite ou exclue que dans un cas exceptionnel :
la faute inexcusable, volontaire, d’une gravité extrême et cause exclusive de l’accident.
⚠️ Protection renforcée pour :
- les moins de 16 ans
- les plus de 70 ans
- les personnes atteintes d’un handicap ≥ 80 %
🔹 Conducteur victime
Le conducteur peut être indemnisé :
- intégralement s’il n’a commis aucune faute,
- partiellement si une faute a contribué à l’accident,
- exclu uniquement si sa faute est la cause exclusive du dommage.
👉 Contrairement à une idée reçue, le conducteur n’est pas automatiquement exclu.
🔹 Proches de la victime
En cas de blessures graves ou de décès, les proches peuvent être indemnisés pour :
- le préjudice d’affection,
- les pertes économiques,
- les frais d’obsèques,
- le préjudice d’accompagnement.
3️⃣ Comment est calculée l’indemnisation ?
L’indemnisation est évaluée poste par poste, après expertise médicale, selon la nomenclature Dintilhac.
📌 Quels préjudices sont indemnisés ?
Préjudices patrimoniaux
- frais médicaux actuels et futurs
- pertes de revenus
- incidence professionnelle
- assistance par tierce personne
- aménagement du logement ou du véhicule
Préjudices extra-patrimoniaux
- souffrances endurées
- déficit fonctionnel temporaire et permanent
- préjudice esthétique
- préjudice d’agrément
- préjudice sexuel
- préjudice moral des proches
👉 Aucun poste ne doit être oublié : une omission est souvent irréversible.
⏱️ Délais et étapes clés de la procédure Badinter
- Déclaration de l’accident
- Ouverture du dossier par l’assureur
- Versement possible de provisions
- Expertise médicale contradictoire
- offre d'indemnisation (≤ 8 mois après l’accident)
- Négociation ou action judiciaire
⚠️ Les premières offres sont très fréquemment insuffisantes.
📂 Quelles preuves réunir ?
- constat ou procès-verbal
- témoignages
- photos / vidéos
- certificat médical initial
- comptes rendus médicaux
- justificatifs de revenus et de frais
👉 Dossier incomplet = indemnisation minorée.
⚠️ Cas particuliers fréquents
- Délit de fuite / non-assurance : indemnisation possible via le FGAO Fonds de Garantie des Assurances Obligatoires
- Accident à l’étranger : règles spécifiques (UE / BCF)
- Recours CPAM : récupération des débours sans réduire vos droits personnels
- Faute inexcusable du piéton : hypothèse rarissime en pratique
⚖️ Exemple concret
Cycliste percuté par une voiture
Hospitalisation 3 jours – arrêt de travail 1 mois.
Indemnisation possible :
- soins et déplacements
- pertes de revenus
- souffrances endurées
- DFT / DFP
- préjudice d’agrément
- remplacement du vélo et équipements
❓ Questions fréquentes des victimes
Faut-il prouver une faute pour être indemnisé ?
➡️ Non. La loi Badinter repose sur un droit à indemnisation, pas sur la recherche de la faute.
L’indemnisation dépend-elle du pénal ?
➡️ Non. La procédure civile d’indemnisation est indépendante.
Quand faut-il contacter un avocat ?
➡️ Avant l’expertise médicale et avant toute offre d’indemnisation.
✅ Conclusion
La loi Badinter est un pilier protecteur du droit des victimes d’accidents de la route.
Elle impose une indemnisation rapide, complète et encadrée, à condition de respecter la procédure et de défendre chaque poste de préjudice.
💡 Faire vérifier une offre d’assurance est souvent décisif pour obtenir une réparation intégrale.
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⚖️ Jurisprudence — Loi Badinter (5 juillet 1985)
La Cour de cassation définit la faute inexcusable de la victime non conductrice comme une faute volontaire d’une exceptionnelle gravité, exposant sans raison valable son auteur à un danger dont il aurait dû avoir conscience. En dehors de cette hypothèse strictement encadrée, la victime d’un accident de la circulation bénéficie d’un droit à indemnisation conformément à l’objectif protecteur de la loi du 5 juillet 1985.
🖋️ Commentaire
par Maître Oscar Morin
Avocat en droit du dommage corporel – Paris
L’arrêt du 20 juillet 1987 constitue l’un des fondements jurisprudentiels majeurs de la loi Badinter.
Il rappelle avec une clarté constante que ce texte n’a pas pour vocation de rechercher la faute de la victime, mais au contraire de faciliter son indemnisation, en limitant drastiquement les hypothèses d’exclusion.
En pratique, cet arrêt interdit aux assureurs d’opposer aux victimes non conductrices des comportements ordinaires ou de simples imprudences pour réduire leur indemnisation.
La notion de faute inexcusable est volontairement restrictive et demeure d’application exceptionnelle.
Pour les victimes d’accidents de la route, cette jurisprudence justifie une vigilance accrue face aux propositions d’indemnisation fondées sur une interprétation extensive de la faute.
Le rôle de l’avocat en dommage corporel est alors essentiel pour rappeler le cadre juridique strict posé par la Cour de cassation et obtenir la réparation intégrale des préjudices, conformément à l’esprit de la loi Badinter.
Maître Oscar Morin
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