Avocat au Barreau de Paris.
Dommage corporel, accidents de la circulation et indemnisation des victimes.
Accident de vélo : quel régime d’indemnisation ?
La première question est de déterminer si un véhicule terrestre à moteur est impliqué. Cette distinction commande le régime juridique applicable.
| Situation | Régime principal | Interlocuteur possible |
|---|---|---|
| Vélo contre voiture, moto, camion ou bus | Loi Badinter | Assureur du véhicule impliqué |
| Conducteur inconnu ou non assuré | Règles du Fonds de garantie | FGAO, selon les conditions applicables |
| Chute liée à la chaussée | Responsabilité administrative ou autre fondement selon le gestionnaire et les faits | Gestionnaire de la voirie / assureur |
| Chute seul sans responsable | Garanties contractuelles éventuelles | GAV ou assurance spécifique, selon le contrat |
Le cycliste est-il indemnisé s’il a commis une faute ?
Lorsqu’un véhicule terrestre à moteur est impliqué, le cycliste est une victime non conductrice. Pour les atteintes à la personne, sa faute ne peut lui être opposée que si elle présente le caractère d’une faute inexcusable et qu’elle a été la cause exclusive de l’accident. Cette exception est appréciée strictement.
La loi prévoit une protection renforcée pour les victimes âgées de moins de 16 ans ou de plus de 70 ans ainsi que, sous la condition prévue par le texte, pour les personnes titulaires d’un titre reconnaissant un taux d’incapacité permanente ou d’invalidité d’au moins 80 %. Pour ces victimes, l’exclusion de l’indemnisation des dommages corporels suppose en principe qu’elles aient volontairement recherché le dommage.
Pour approfondir le régime, voir la page consacrée à la loi Badinter.
Qui indemnise après un accident de vélo ?
Un véhicule motorisé est impliqué
L’assureur du véhicule impliqué intervient dans le processus d’indemnisation. Il faut distinguer le droit à indemnisation, l’évaluation médicale des blessures et le chiffrage des préjudices. Un accident vélo-voiture est détaillé sur la page accident vélo contre voiture.
Délit de fuite ou véhicule non assuré
Le FGAO peut intervenir dans certaines hypothèses lorsque le responsable n’est pas assuré ou n’est pas identifié. Les conditions, justificatifs et délais dépendent de la situation : il ne faut pas assimiler automatiquement tout délit de fuite à une indemnisation immédiate et intégrale par le Fonds.
Accident de vélo seul
Sans véhicule motorisé impliqué, la loi Badinter ne s’applique pas. Une indemnisation peut néanmoins être recherchée selon les faits : défaut d’entretien normal de la voirie, responsabilité d’un tiers, ou garantie contractuelle. Voir aussi accident de vélo seul.
Quels réflexes immédiatement après l’accident ?
Préserver la preuve dès le départ :
- faire intervenir les secours si nécessaire et obtenir un certificat médical initial précis ;
- identifier le véhicule, le conducteur et l’assureur lorsque cela est possible ;
- prendre des photographies du lieu, des véhicules, du vélo et des équipements ;
- recueillir les coordonnées des témoins ;
- conserver les arrêts de travail, factures, justificatifs de revenus et frais exposés ;
- en cas de défaut de voirie, photographier précisément l’obstacle, sa localisation et son environnement.
Quels préjudices corporels peuvent être indemnisés ?
L’évaluation est réalisée poste par poste. La nomenclature Dintilhac sert couramment de grille de référence pour identifier les préjudices, sans constituer à elle seule un barème d’indemnisation.
Selon le dossier, peuvent notamment être discutés les dépenses de santé, pertes de gains professionnels, assistance par tierce personne, incidence professionnelle, déficit fonctionnel temporaire et permanent, souffrances endurées, préjudice esthétique, préjudice d’agrément ou encore préjudice sexuel. Le montant dépend des conséquences concrètes de l’accident et des éléments de preuve.
Le vélo et les équipements sont-ils également indemnisables ?
Le dommage matériel est distinct du dommage corporel. Lorsque les conditions de responsabilité sont réunies, il convient de documenter les dégâts concernant le vélo, le casque, les vêtements techniques, les lunettes, le téléphone, le GPS ou d’autres équipements. Factures, photographies, devis de réparation et éléments de valeur sont utiles.
Pour un vélo en libre-service, voir également l’indemnisation après un accident en Vélib’.
Comment se déroule l’expertise médicale ?
L’expertise sert à décrire les blessures, leur évolution et leurs conséquences. Une expertise peut intervenir avant consolidation puis, lorsque l’état est stabilisé, permettre l’évaluation des séquelles permanentes. La victime peut se faire assister, notamment par un médecin-conseil de victimes, et selon le dossier par son avocat.
Il ne faut pas considérer que le médecin mandaté par un assureur « sous-évalue nécessairement » les séquelles : l’enjeu est surtout de préparer l’expertise, de présenter l’ensemble des doléances et pièces utiles et, si nécessaire, de discuter les conclusions. Voir l’indemnisation après l’expertise médicale.
Exemple pratique : cycliste percuté par une voiture
Exemple fictif. Un cycliste est percuté par une voiture qui tourne à une intersection. Il présente une fracture du poignet et une atteinte de l’épaule, avec plusieurs mois d’arrêt de travail. Après consolidation, l’expertise retient des séquelles et une difficulté à reprendre son activité sportive.
Le dossier ne se résume pas au taux de DFP : il faut examiner les pertes de revenus, les besoins d’aide pendant la période de soins, les souffrances, le déficit fonctionnel, l’incidence professionnelle éventuelle, le préjudice d’agrément ainsi que les dommages au vélo et aux équipements.
Accident de vélo mortel : quels droits pour les proches ?
En cas de décès, les proches peuvent, selon leur situation, demander réparation de leurs préjudices propres : préjudice d’affection, pertes de revenus du foyer, frais d’obsèques et autres conséquences économiques justifiées. L’indemnisation des ayants droit doit être distinguée des préjudices subis par la victime avant son décès.
Pages utiles selon votre situation
Le guide général doit conduire vers les cas particuliers plutôt que les concurrencer :
- Accident de vélo avec un tiers
- Accident de vélo seul
- Accident de vélo contre un bus
- Accident vélo contre voiture
- Accident de vélo électrique
Questions fréquentes
Une faute du cycliste supprime-t-elle automatiquement son indemnisation ?
Non. Lorsqu’un véhicule terrestre à moteur est impliqué, le cycliste est une victime non conductrice. Pour ses dommages corporels, la simple faute ne suffit pas à exclure son indemnisation dans les conditions de la loi Badinter.
Qui paie si le conducteur a pris la fuite ?
Le FGAO peut être saisi dans certaines situations. Il faut conserver les éléments permettant d’établir la réalité de l’accident et l’implication du véhicule et respecter les conditions et délais applicables.
Une chute dans un nid-de-poule relève-t-elle de la loi Badinter ?
Pas en l’absence de véhicule terrestre à moteur impliqué. Il faut alors examiner notamment la responsabilité du gestionnaire de la voirie et les garanties d’assurance disponibles.
Dois-je accepter la première offre de l’assureur ?
Une offre doit être appréciée au regard du rapport médical, de la consolidation et du chiffrage de chaque poste de préjudice. Il est possible de demander des explications ou de contester une évaluation insuffisamment justifiée.
Sources officielles
Victime d’un accident de vélo ?
Le cabinet peut examiner le régime applicable, l’expertise médicale et les différents postes de préjudice.