Délais indemnisation et loi Badinter

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❓ Délais d’indemnisation & loi Badinter — les 3 questions les plus posées

Loi BadinterOffre sous 8 mois Offre définitive +5 moisPaiement sous 1 mois Intérêts majorésProvision
1) Quels sont les délais clés imposés par la loi Badinter ?
En cas d’accident impliquant un véhicule terrestre à moteur :
8 mois après l’accident : l’assureur doit présenter une offre d’indemnisation (provisoire si l’état n’est pas stabilisé, ou définitive si la consolidation est acquise).
5 mois après la consolidation (ou information de celle-ci) : l’assureur doit adresser l’offre définitive.
Paiement : après acceptation de l’offre, le versement doit intervenir rapidement (en pratique, sous environ un mois).

Important : avant l’offre, la victime doit recevoir les pièces médicales (rapport d’expertise, CMI, etc.) pour pouvoir discuter l’évaluation.
2) Que se passe-t-il si l’assureur dépasse les délais ou fait une offre insuffisante ?
Le non-respect des délais Badinter expose l’assureur à des intérêts majorés (au minimum au double du taux légal) à compter de l’expiration des délais jusqu’au paiement. Une offre jugée manifestement insuffisante peut être refusée ; la victime peut demander une révision ou une contre-expertise (amiable/judiciaire).

En cas d’urgence financière, il est possible de solliciter une provision (acompte) auprès de l’assureur ; à défaut, saisir le juge des référés pour une provision et/ou une expertise judiciaire indépendante.
Réflexe : exigez une offre détaillée par poste (méthode Dintilhac) et vérifiez l’imputation des tiers payeurs (CPAM, mutuelle).
3) Comment accélérer et sécuriser l’indemnisation dans ce calendrier ?
• Envoyez vite un dossier complet : CMI, arrêts de travail, décomptes CPAM/prévoyance, factures, attestations employeur (ou bilans/CA pour indépendants).
• Tenez un journal des douleurs + un tableau des frais (trajets, aide, garde d’enfants, matériel).
• Venez à l’expertise assisté(e) d’un médecin-conseil de victimes ; demandez que les besoins futurs (aide humaine, appareillages & renouvellements, aménagements) soient inscrits.
• N’acceptez une offre définitive qu’après consolidation et si tous les postes Dintilhac sont chiffrés ; sinon, provision et poursuite de l’instruction.

À savoir : après signature d’un protocole transactionnel, vous disposez d’un court délai de rétractation. Une fois ce délai passé, la transaction éteint vos droits à une indemnisation complémentaire.

Essentiel : sous Badinter : offre sous 8 mois, offre définitive sous 5 mois après consolidation, puis paiement rapide. En cas de retard ou d’offre basse : intérêts majorés, provision, contre-expertise et, si besoin, référé.

Article et FAQ rédigés par Maître Oscar Morin, avocat en droit du dommage corporel, inscrit au barreau de Paris.

Délais d’indemnisation et loi Badinter : ce qu’il faut savoir

La loi Badinter (5 juillet 1985) encadre l’indemnisation des victimes d’accidents de la circulation impliquant un véhicule terrestre à moteur. Elle impose des délais stricts aux assureurs et facilite l’indemnisation des victimes (piétons, cyclistes, passagers). Voici, pas à pas, les échéances clés, les droits des victimes et les réflexes pour ne rien rater.

1) Loi Badinter : principe et champ d’application

La loi s’applique à tout accident de la route impliquant un véhicule terrestre à moteur (auto, moto, camion…), sur voie publique ou privée. L’objectif : une réparation intégrale rapide des dommages corporels des victimes non conductrices, et une indemnisation du conducteur selon sa part de responsabilité.

2) Chronologie type d’un dossier

  • Déclaration du sinistre & ouverture du dossier corporel.
  • Preuves médicales (CMI, examens, suivi) et économiques (frais, salaires).
  • Expertise médicale (amiable ou judiciaire) → fixation de la consolidation.
  • Offre de l’assureur → négociationtransaction ou procédure.

3) Les délais clés imposés à l’assureur

  • 8 mois après l’accident : l’assureur doit adresser une offre d’indemnisation (provisionnelle si la consolidation n’est pas connue).
  • 5 mois après la consolidation : envoi de l’offre définitive (dès que l’assureur est informé de la date de consolidation).
  • 3 mois pour répondre à toute demande chiffrée ou pièces pertinentes envoyées par la victime.

Ces délais visent à éviter les attentes excessives : en pratique, sollicitez des provisions si vos frais et pertes de revenus courent.

4) Offre provisoire vs offre définitive

  • Offre provisoire : avance destinée à couvrir frais et pertes avant consolidation. Elle sera déduite du solde final.
  • Offre définitive : après expertise et consolidation, elle doit couvrir tous les postes de préjudice (présents et futurs).

5) Pièces à fournir pour tenir les délais

  • Certificat médical initial (CMI), comptes-rendus, ordonnances, examens (radio/IRM).
  • Justificatifs économiques : bulletins de paie, attestations employeur, bilans (indépendants), factures, devis.
  • Frais divers : transports, aide à domicile, matériel, aménagements, assistance tierce personne.

6) Retard de l’assureur : pénalités

Si l’assureur ne respecte pas les délais (offre hors délai) ou si l’offre est manifestement insuffisante, des intérêts majorés (souvent au double du taux légal) peuvent s’appliquer jusqu’à l’offre régulière ou la décision de justice. C’est un levier de négociation.

7) Délais de prescription

En matière de dommage corporel, l’action se prescrit en principe dans un délai de 10 ans à compter de la consolidation (cas particuliers possibles). Attention aux règles spécifiques (mineurs, recours contre fonds d’indemnisation, recours entre assureurs). En cas de doute, faites vérifier votre délai exact.

8) Cas particuliers prévus par Badinter

  • Victimes non conductrices (piétons, cyclistes, passagers) : protection renforcée, faute de la victime rarement exonératoire (sauf faute inexcusable, cause exclusive).
  • Conducteur victime : indemnisation selon la responsabilité.
  • Auteur non assuré ou non identifié : possible saisine d’un fonds d’indemnisation dédié selon les cas.

9) Conseils pratiques pour respecter et faire respecter les délais

  • Demandez par écrit l’ouverture du dossier corporel et des provisions.
  • Transmettez vos pièces à jour et conservez des copies (médicales et économiques).
  • À réception d’une offre, vérifiez la décomposition poste par poste et la date de consolidation.
  • En cas de silence ou d’offre basse, invoquez les délais Badinter et les intérêts majorés.

10) Exemple de calendrier

Accident le 10 mars 2025 : ouverture du dossier et CMI. Avril–juin : soins, pièces économiques, provisions. Expertise en septembre 2025, consolidation au 1er novembre 2025. L’assureur doit adresser une offre au plus tard le 10 novembre 2025 (8 mois après l’accident, à défaut provisoire), puis l’offre définitive dans les 5 mois suivant l’information de la consolidation (au plus tard le 1er avril 2026), avec réponse à vos envois sous 3 mois.

Conclusion

La loi Badinter vous protège en imposant des délais et des pénalités en cas de retard. Pour une indemnisation complète et rapide : soignez la preuve médicale, demandez des provisions, contrôlez les échéances (8 mois / 5 mois / 3 mois) et négociez sur la base de tous les postes de préjudice.

💡 Un doute sur vos délais ? Faites auditer votre dossier par un médecin-conseil de victimes et un avocat en dommage corporel avant de signer.

Délai versement indemnité

Je suis en attente du versement de mon indemnisation suite à un accident corporel. Malgré mon acceptation de la proposition d'indemnisation de l'assurance il y a deux mois, je n'ai toujours pas reçu les fonds promis. Que puis-je faire pour accélérer le processus de versement ? Est-il possible de réclamer des intérêts légaux pour le retard de paiement ? Et si le versement n'est pas effectué dans les délais, ai-je le droit de revenir sur ma décision d'acceptation de l'indemnisation ?"

Et voici la réponse de l'avocat :

Je comprends votre frustration concernant le délai de versement de votre indemnisation suite à l'accident corporel que vous avez subi. Il est en effet regrettable que malgré votre acceptation de la proposition d'indemnisation de l'assurance, vous n'ayez toujours pas reçu les fonds promis. Dans ce genre de situations, il est souvent nécessaire d'agir avec détermination pour obtenir ce qui vous revient de droit. Vous avez évoqué la possibilité d'envoyer un recommandé à l'assureur pour formaliser votre demande et rappeler vos droits. C'est en effet une démarche légitime et recommandée, car elle crée une trace écrite de vos démarches et de votre demande de versement de l'indemnisation. De plus, vous avez tout à fait le droit de réclamer des intérêts légaux pour le retard de paiement de l'assurance. En cas de non-respect des délais légaux de versement de l'indemnisation, l'assureur peut être tenu de payer des intérêts de retard. Cette information peut être incluse dans votre lettre recommandée afin de renforcer votre demande. Quant à votre question sur la possibilité de revenir sur votre acceptation de l'indemnisation si le versement n'est pas effectué dans les délais convenus, sachez que cela peut être une stratégie à envisager. En informant l'assureur que vous pourriez reconsidérer votre acceptation si le paiement n'est pas effectué dans un délai raisonnable, vous montrez votre détermination à faire respecter vos droits et à obtenir justice. En résumé, je vous encourage à envoyer un recommandé à l'assureur pour rappeler votre acceptation de l'indemnisation et exiger un versement rapide des fonds, tout en mentionnant la possibilité de réclamer des intérêts de retard si nécessaire. Cette démarche devrait contribuer à accélérer le processus et à obtenir le règlement de votre indemnisation dans les meilleurs délais.