
Barème indicatif Ophtalmologie AIPP
❓ Ophtalmologie & barème indicatif du Concours Médical — périmètre, méthode, taux AIPP/DFP & contestation
1) Que couvre la rubrique Ophtalmologie du barème du Concours Médical ?
• Prend en compte les atteintes de la cornée, cristallin (aphakie/pseudophakie), rétine (macula, décollement), nerf optique, paupières (ptosis) et voies oculomotrices.
• Le barème propose des fourchettes indicatives d’AIPP/DFP en fonction du retentissement fonctionnel en vision binoculaire et monoculaire.
2) Comment l’expert fixe le taux ? (méthode & cumuls)
• Paraclinique : OCT maculaire/RNFL, topographie cornéenne, pachymétrie, PIO, imagerie rétinienne/nerf optique.
• Choix d’une fourchette du barème ➜ fixation d’un taux motivé selon l’atteinte monoculaire/binoculaire, la dominance oculaire, l’âge et les exigences professionnelles (conduite, écrans, métiers visuels).
• Cumul : les taux ne s’additionnent pas « à plat » ; on applique une addition pondérée pour refléter l’atteinte globale (ex. acuité + champ + diplopie).
3) Fourchettes indicatives de taux (non exhaustives)
• Atteinte binoculaire (meilleur œil ≤ 5/10) ≈ 25–35 % ; meilleur œil ≤ 3/10 ≈ 35–50 % selon retentissement (lecture, conduite).
• Champ visuel : hémianopsie latérale homonyme ≈ 25–40 % ; rétrécissement concentrique < 20° ≈ 40–60 % ; scotomes centraux denses (maculaires) ≈ 15–30 %.
• Diplopie/oculomotricité : diplopie persistante gênante (prismes inefficaces) ≈ 10–25 % ; ptosis invalidant (axe visuel) ≈ 5–10 % ; strabisme de l’adulte avec gêne sociale/asténopie ≈ 5–12 %.
• Cornée/cristallin : séquelles de kératite/greffe avec astigmatisme irrégulier et halos ≈ 8–15 % ; aphakie unilatérale (sans implant) ≈ 10–20 % ; pseudophakie simple bien tolérée : souvent minime si vision restaurée.
• Rétine/nerf optique : séquelles de décollement rétinien (MAC atteinte) ≈ 15–30 % ; neuropathie optique avec scotomes diffus ≈ 10–25 %.
4) Comment documenter et, si besoin, contester le taux ?
• Décrire l’impact quotidien (lecture, écrans, conduite, escaliers, sport) et fournir attestations (employeur, proches), aménagements prescrits (prismes, filtres, loupes).
• Rédiger des dires avec un médecin-conseil de victimes : préciser la rubrique du barème visée, la fourchette sollicitée et ses fondements (tests/rapports).
• En désaccord : proposer une contre-expertise (amiable/judiciaire) en discutant les mesures et l’adaptation (prismes, rééducation orthoptique).
Essentiel : en ophtalmologie, le barème du Concours Médical guide une estimation motivée du DFP/AIPP selon l’acuité, le champ visuel, la diplopie et l’atteinte des structures. Les taux sont indicatifs, cumulés de façon pondérée, et discutables via dires/contre-expertise.
Ophtalmologie & barème indicatif du Concours Médical : repères pour coter l’AIPP (DFP)
En ophtalmologie, le barème indicatif du Concours Médical propose des fourchettes d’AIPP/DFP selon l’atteinte visuelle (acuité, champ, vision binoculaire, photophobie…) après consolidation. La cotation est toujours in concreto, motivée par des mesures standardisées et le retentissement fonctionnel.
1) Principes généraux
- Basée sur des tests objectivés (acuité, champ, contrastes, diplopie) dans des conditions contrôlées.
- On c ote la fonction (vision utile), en distinguant ce qui relève d’autres postes (ex. esthétique paupière/orbite).
- Le choix dans la fourchette dépend de la stabilité, de la bilatéralité et de l’impact sur la vie quotidienne/professionnelle.
2) Acuité visuelle (monoculaire & binoculaire)
- Baisse monoculaire légère à modérée (vision de l’œil atteint ≥ ~3/10) : ~ 5–15 %.
- Baisse monoculaire sévère (< ~1/10) ou monocularisation fonctionnelle : ~ 15–30 % (selon retentissement).
- Baisse binoculaire (acuité meilleure œil < ~5/10) : ~ 20–40 % selon besoins visuels (conduite, travail précis).
3) Champ visuel (périmétrie)
- Contraction concentrique modérée (anneau utile réduit mais conduite possible) : ~ 5–10 %.
- Hémianopsie/quadranopsie stable, réadaptée : ~ 15–30 % selon retentissement.
- Contraction marquée (champ tubulaire) : ~ 25–40 % (sécurité, mobilité, lecture ralentie).
4) Vision binoculaire, diplopie & oculomotricité
- Diplopie intermittente ou corrigée par prismes : ~ 3–8 %.
- Diplopie permanente dans les regards usuels / torticolis compensateur : ~ 8–20 %.
- Paralysies oculomotrices séquellaires (Hess-Lancaster) : fourchette selon champ de double vision résiduel.
5) Photophobie, contrastes & éblouissement
- Gêne légère (extérieur, conduite diurne ok) : ~ 1–5 %.
- Gêne modérée (écran/extérieur difficiles sans filtres) : ~ 5–10 %.
- Gêne sévère (éblouissement invalidant, contrastes très altérés) : ~ 10–15 %.
6) Atteintes segmentaires fréquentes
- Rétine/macula (scotome central, métamorphopsies) : ~ 8–20 % (selon acuité/lecture).
- Neuropathie optique/glaucome (déficits champ + baisse acuité) : ~ 10–30 % selon extension.
- Cornée/iris-cristallin (opacités, anisocorie gênante) : ~ 3–12 % selon retentissement lumineux.
7) Œil unique, anophtalmie & retentissement
- Œil unique fonctionnel (perte vision controlatérale) : ~ 15–30 % (perte stéréopsis, sécurité).
- Énucléation/éviscération : DFP fonctionnel selon vision restante de l’autre œil + préjudice esthétique à chiffrer séparément.
- Professions à exigence visuelle élevée → tendance vers la borne haute.
8) Adnexes & postes distincts
- Paupières (lagophtalmie, entropion, trichiasis) avec retentissement cornéen : ~ 3–10 % (fonction).
- Esthétique (cicatrices paupières/orbite, prothèse) : à indemniser hors DFP au poste esthétique.
- Sécheresse sévère post-lésion (larmes, greffes) : coter la gêne fonctionnelle + frais futurs séparés.
9) Méthode & exemple (fictif)
- Mesures requises : acuité (monoculaire/binoculaire) avec correction (Snellen/ETDRS), périmétrie (Humphrey/Goldmann), contrastes (Pelli-Robson), diplopie (Hess-Lancaster), photos/ OCT/angiographie.
- Exemple : baisse monoculaire sévère (œil D ≈ 1/20) → 20 % + contraction du champ controlatéral modérée → 8 %. Balthazard : T = 20 + 8 × (100 − 20)/100 = 20 + 6,4 = 26,4 % → arrondi 26 % motivé (tests, retentissement pro/conduite).
- Éviter le double compte (ex. ne pas compter deux fois une même limitation via acuité et le même scotome déjà intégré au champ).
10) Conclusion
En ophtalmologie, le barème du Concours Médical fournit des fourchettes indicatives. La cotation finale doit être motivée par des mesures standardisées, la bilatéralité, la vision utile et les exigences du quotidien. Combinez les taux avec Balthazard, séparez esthétique et frais futurs, et articulez le DFP avec les autres postes Dintilhac pour une réparation intégrale.
💡 Besoin d’un avis sur une cotation ophtalmologique ? Faites relire vos mesures (acuité, champ, contrastes, diplopie) et votre rapport d’expertise par un médecin-conseil de victimes.
Ophtalmologie
1 - ACUITÉ VISUELLE
L'examen comportera la détermination séparée œil par œil des acuités centrales de loin et de près à l'aide des optotypes habituels : échelle de Monoyer ou ses équivalents en vision de loin, à 5 mètres; échelle de Pariuaud à distance normale de lecture en vision de près. En cas de discordance entre les signes fonctionnels allégués et les constatations de l'examen clinique, la mesure de l'acuité visuelle sera complétée par des épreuves de contrôle et, le cas échéant, par l'étude des potentiels évoqués visuels (PEV). Un trouble de la réfraction qui peut être entièrement corrigé par un moyen optique ne sera pas considéré comme une déficience oculaire génératrice d'incapacité. Les taux d'incapacité sont fournis par le tableau I.
Tableau I. Vision de loin.
Il est admis que toute vision supérieure à 7/10 correspond à une efficience visuelle normale ; elle n'entraîne donc pas d'incapacité. Il est nécessaire de préciser les altérations de l'acuité visuelle concernant, d'une part, la vision de loin et, d'autre part, la vision de près. C'est pourquoi, au tableau I, qui évalue l'incapacité visuelle de loin, il faut adjoindre le tableau II, qui évalue l'incapacité visuelle de près. L'utilisation du tableau II ne sera nécessaire que dans les rares cas d'importante dissociation entre les incapacités visuelles de loin et de près. Il conviendra alors de prendre la moyenne arithmétique des deux incapacités pour obtenir un taux correspondant à une plus juste détermination de l'incapacité.
Tableau II. Vision de près.
A. La cécité et la grande malvoyance
• La cécité absolue ou cécité totale (ne distingue pas le jour de la nuit) 85 %
Le taux d'incapacité en cas de grande malvoyance découle de la baisse d'acuité visuelle (tableau I) et de l'atteinte du champ visuel.
B. La perte de la vision d'un œil
• Perte fonctionnelle d' un œil (si la vision de l'autre œil est normale) 25 %
En cas d'énucléation avec mise en place d'une prothèse oculaire, le taux d'incapacité permanente reste le même, car le port de la prothèse n'a pas pour but d'améliorer la fonction mais l'aspect esthétique (la mobilité et la qualité de l'appareillage sont appréciées dans le cadre du dommage esthétique).
Il - CHAMP VISUEL
L'examen sera pratiqué à l'aide de la coupole de Goldmann ou équivalent. Seules les manifestations apparentes au test III/4 seront considérées comme entraînant un réel retentissement fonctionn el et donc constitutives d'incapacité. Le champ visuel doit être étudié binoculairement, les deux yeux ouverts. La superposition du tracé sur le schéma page suivante donne le taux d'incapacité. En cas d'atteinte du champ visuel central, l'examen pourra être complété par un test d'Amsler ou équivalent, et l'incapacité appréciée comme mentionné pour les scotomes centraux et paracentraux.
A. Hémianopsies
L'hémianopsie latérale homonyme entraîne une incapacité importante, bien supérieure à la perte de la vision d'un seul œil : le sujet perd réellement la moitié de son champ visuel, ce qui n'est pas le cas du borgne. Étudiée en vision binowlaire, elle justifie, suivant la valeur de l'épargne maculaire, des taux de 42 % et plus en cas de baisse d'acuité visuelle associée (alors que la cécité monoculaire ne dépasse pas 25 %).
Hémianopsie latérale homonyme complète
- avec épargne maculaire 42%
- avec perte de la vision centrale : si l'épargne maculaire est partielle, calculer le déficit de l'acuité centrale à l'aide du tableau!, puis la rapporter à la capacité visuelle restante post-hémianopsique (85 - 42 = 43 %), et l'ajouter au taux
de 42 %
Hémianopsie latérale homonyme incomplète
- à évaluer en fonction du shéma 1
- tenir compte de l'épargne maculaire partielle comme précédemment
Hémianopsie altitudinale
supérieure jusqu'à 25 % (schéma 1)
inférieure jusqu'à 60 % (schéma 1)
Double hémianopsie latérale complète ou bitemporale
(en fonction du schéma 1 et de la vision centrale) jusqu'à 85 %
Les hémianopsies à type de négligence ont un champ visuel normal au périmètre.
La réalité de la négligence virnelle et l'estimation de ses conséquences fonctionnelles seront appréciées avec le neurologue.
B. Quadranopsies
• supérieure jusqu'à 12 % (schéma 1)
• inférieure jusqu'à 30 % (schéma 1)
C. Rétrécissements concentriques
En traumatologie, ils sollt souvent le fait de manifestations anorganiques et ne justifient alors pas d'IPP. Il est nécessaire d'utiliser de multiples épreuves de contrôle, et de confronter le tableau clinique à l'imagerie et à l'examen neurologique. Il ne faut cependant pas méconnaître des rétrécissements campimétriques bilatéraux organiques résultant de doubles lzémianopsies
D. Scotomes centraux et paracentraux
• En cas de perte de la vision centrale: utiliser les tableaux I et II (acuité visuelle)
• Les scotomes paracentraux et juxtacentraux avec acuité visuelle conservée (à apprécier en fonction de leur étendue, précisée à la grille d'Amsler en vision binoculaire, et de leur retentissement sur la lecture de près
s'ils touchent les deux yeux 2 à 10%
s'ils ne touchent qu'un œil jusqu'à 5 %
• Les scotomes hémianopsiques latéraux homonymes des lésions occipitales gênant fortement la lecture, car situés au même endroit sur chaque œil 15%
Ill - TROUBLES DE L'OCULOMOTRICITÉ
A. Hétérophorie
L'incapacité ne sera appréciée qu'après rééducation orthoptique.
•Décompensation non réductible d'une hétérophorie, suivant la gêne jusqu'à 5 %
•Paralysie complète de la convergence 5 %
B. Diplopie
En cas de paralysie oculomotrice, l'évaluation du déficit oculomoteur ne doit pas donner lieu à une appréciation définitive avant dix-huit mois. En cas d'origine orbitaire, l'évalrtation du déficit ornlomoteur ne doit pas donner lieu
à une appréciation définitive avant six mois après la fin des éventuels traitements chirurgicaux. L'étude des champs de diplopie et d'aplopie doit être effectuée sans manœuvre de dissociation; par exemple, en demandant au sujet de fixer un objet et en notant le champ de vision double.
•Diplopie permanente dans les positions hautes du regard 2 à 10%
•Diplopie permanente dans la partie inférieure du champ 5 à 20%
•Diplopie permanente dans le champ latéral 2 à 15%
•Diplopie dans toutes les positions du regard sans neutralisation et obligeant à occlure un œil en permanence 23%
Le taux sera minoré en cas de diminution de la diplopie par une neutralisation constante de l'œil dévié ou de possibilité de correction prismatique.
C. Paralysies de fonction du regard
•paralysie vers le haut 3 à 5%
•paralysie vers le bas 10 à 15 %
•paralysie latérale 5 à 12 %
•paralysie de la convergence 5%
D. Déficiences de la motricité intrinsèque
•paralysie unilatérale de l'accommodation chez le sujet jeune 5 %
• mydriase aréactive 5 %
• aniridie totale 10 %
•myosis du syndrome de Claude Bernard-Homer complet:
en cas de gène fonctionnelle l à 3%
E. Atteinte des saccades et des poursuites
Elles ne donnent pas de véritables signes fonctionnels visuels, mais plutôt des sensations de déséquilibre, et seront appréciées avec l'oto-rlJino-laryngologiste.
IV - LÉSIONS CRISTALLINIENNES
L' œil aphaque, c'est-à-dire privé de son cristallin, ne peut retrouver une vision utilisable qu'après compensation par un équipement optique. L'incapacité est très variable suivant que cette compensation a été réalisée par lunettes, lentilles de contact ou implantation d'un cristallin artificiel. L'évaluation du taux d'incapacité prendra donc en compte le mode d'équipement optique, l'uni ou là bilatéralité, l'âge, la perte éventuelle d'acuité visuelle.
•Compensation optique assurée par un cristallin artificiel (pseudo-phakie) 5 %
Chez l'enfant jusqu'à 16 ans, il sera porté à 7 % pour tenir compte du retentissement de la perte de l'accommodation sur la vision binoculaire.À ce taux de base résultant des seuls inconvénients de la pseudophakie, il convient d'ajouter éventuellement celui résultant de la perte d'acuité visuelle et des autres séquelles associées (larmoiement, photophobie, … ).
•Si l'équipement optique est réalisé par lunettes ou lentilles de contact (aphakie)
- aphakie unilatérale
.si l'acuité de l'œil opéré est inférieure à celle de l'œil sain 10 %
.si l'acuité de l'œil opéré est supérieure à celle de l'œil sain 15 % - aphakie bilatérale 20 %
À ce taux, il convient d'ajouter celui résultant de la perte éventuelle d'acuité visuelle et des autres séquelles associées, sans cependant pouvoir dépasser 25 % pour une lésion unilatérale.
V - ANNEXES DE L'ŒIL
•Larmoiement, ectropion, entropion jusqu'à 5 %
•Oblitération des voies lacrymales
- unilatérale 2 à 5 %
- bilatérale 4 à 10 %
•Cicatrices vicieuses (symblépharon, ankyloblépharon) jusqu'à 5 %
•Ptosis (suivant le déficit campimétrique ) jusqu'à 10 %
• Blépharospasme eAlacrymie jusqu'à 5 % - unilatérale 2 à 5%
- bilatérale 4 à 10%
•Hypoesthésie ou anesthésie dans le territoire du nerf sous-orbitaire avec dysesthésie 3 à 5%
VI - SÉQUELLES VISUELLES MULTIPLES
L'association de séquelles sensorielles ou oculomotrices n'est pas rare. L'évaluation du taux global de réduction fonctionnelle ne peut se satisfaire d'une simple addition arithmétique: après évaluation du taux d'incapacité résultant du déficit le plus important, le taux de la dwxième infirmité sera calculé par référence à la capacité visuelle restante,(étant bien entendu que la perte de toute capacité visuelle est de 85 %).
Barèmes indicatifs du concours médical
- Neurologie
- Psychiatrie
- Ophtalmologie
- Stomatologie
- Oto-rhino-laryngologie
- Appareil locomoteur
- Appareil cardio-vasculaire
- Appareil respiratoire
- Hépato-gastro-entérologie
- Endocrinologie Métabolisme
- Hématologie et maladies du sang
- Néphrologie Urologie
- Procréation Sexualité
- Séquelles cutanées des brûlures graves et étendues
