Ai-je droit à une indemnisation après un accident de la route ?

Cette réponse a été rédigée par Maître Oscar Morin, avocat en dommage corporel, qui accompagne exclusivement les victimes d’accidents de la route face aux compagnies d’assurance.
Elle s’appuie sur les textes applicables, la jurisprudence récente et la pratique quotidienne de l’indemnisation des victimes.

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Le cabinet vous accueille et vous présente son activité orientée vers l’indemnisation des victimes d’accidents de la route, d’accidents de la vie et d’erreurs médicales.

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Réponse courte

👉 Dans la grande majorité des cas, oui.
Toute victime d’un accident de la route impliquant un véhicule terrestre à moteur a droit à une indemnisation.
Les conditions et l’étendue de ce droit varient toutefois selon votre statut (conducteur ou non), les circonstances de l’accident et l’existence éventuelle d’une faute.


Le cadre légal : un droit protecteur pour les victimes

Le droit à indemnisation après un accident de la route repose principalement sur la loi du 5 juillet 1985, dite loi Badinter.
Cette loi a été adoptée pour améliorer la situation des victimes et faciliter leur indemnisation, face aux compagnies d’assurance.

👉 Elle s’applique à tout accident de la circulation impliquant :

  • un véhicule terrestre à moteur (voiture, moto, scooter, camion…),
  • ainsi que ses remorques ou semi-remorques.

Sont exclus :

  • les accidents ferroviaires,
  • les tramways circulant sur des voies qui leur sont propres.

Qu’est-ce qu’un accident de la route au sens juridique ?

Pour ouvrir droit à indemnisation, le dommage doit résulter d’un événement accidentel, c’est-à-dire non volontaire.

La jurisprudence a précisé que :

  • un acte volontaire (ex. : percuter intentionnellement un véhicule)
    ❌ ne constitue pas un accident de la circulation indemnisable au titre de la loi Badinter.

👉 Dans la très grande majorité des situations courantes (collision, perte de contrôle, choc avec un autre véhicule), la qualification d’accident ne pose toutefois aucune difficulté.


Victime non conductrice : un droit à indemnisation quasi automatique

Si vous étiez :

  • passager,
  • piéton,
  • cycliste,

vous bénéficiez d’une protection renforcée.

👉 Votre droit à indemnisation ne peut pas être remis en cause, même si une faute vous est reprochée, sauf cas exceptionnel de faute inexcusable ayant été la cause exclusive de l’accident.

Certaines victimes sont encore plus protégées :

  • moins de 16 ans,
  • plus de 70 ans,
  • ou titulaires d’un taux d’incapacité permanente d’au moins 80 %.

➡️ Dans ces situations, l’indemnisation est due en toutes circonstances, sauf recherche volontaire du dommage.


Victime conductrice : une indemnisation possible, mais encadrée

Si vous étiez conducteur, vous pouvez également avoir droit à une indemnisation, mais avec une nuance importante.

👉 Votre propre faute peut limiter ou exclure votre droit à indemnisation.

Concrètement :

  • si aucune faute ne vous est reprochée → indemnisation intégrale,
  • si une faute est retenue → indemnisation partielle,
  • en cas de faute grave → exclusion possible.

Exemple fréquent

Une faute retenue à hauteur de 25 % peut conduire à une indemnisation limitée à 75 % de vos préjudices.

La jurisprudence rappelle que cette faute doit être appréciée indépendamment du comportement des autres conducteurs.


Quels préjudices peuvent être indemnisés ?

Le droit à indemnisation couvre notamment :

🔹 Les préjudices corporels

  • blessures,
  • séquelles,
  • douleurs,
  • déficit fonctionnel,
  • préjudice esthétique,
  • pertes de revenus,
  • besoin d’assistance.

🔹 Les préjudices matériels

  • véhicule,
  • objets endommagés,
    avec des règles spécifiques selon la responsabilité.

🔹 Les préjudices des proches

Les victimes par ricochet (conjoint, enfants, parents) peuvent être indemnisées :

  • du préjudice moral,
  • du préjudice économique,
    à condition que la victime directe ait elle-même droit à indemnisation.

La jurisprudence française et européenne reconnaît pleinement ces droits.


Le rôle central de l’assureur

L’assureur du responsable a des obligations strictes.

👉 Il doit présenter une offre d’indemnisation :

  • dans un délai maximal de 8 mois en cas de dommages corporels.

Un retard peut entraîner :

  • des sanctions financières,
  • le doublement des intérêts légaux.

Exclusions et limites du droit à indemnisation

Le droit à indemnisation peut être :

  • limité en cas de faute,
  • exclu dans des situations très particulières (acte volontaire, faute inexcusable).

👉 Ces exceptions sont strictement encadrées par la loi et la jurisprudence, et souvent discutables en pratique.


Cas particuliers : accident à l’étranger

Si l’accident survient à l’étranger :

  • la loi applicable est en principe celle du lieu de l’accident,
  • les règles européennes garantissent néanmoins un niveau minimal de protection.

À retenir

  • ✅ La majorité des victimes ont droit à une indemnisation
  • ✅ Les non-conducteurs sont très largement protégés
  • ⚠️ Les conducteurs peuvent voir leur indemnisation limitée en cas de faute
  • 👨‍👩‍👧 Les proches peuvent aussi être indemnisés
  • ⏱️ L’assureur est tenu de respecter des délais stricts

⚖️ Avant toute acceptation d’une offre d’assurance, il est essentiel de vérifier que vos droits sont pleinement respectés.

Chaque situation étant différente, cette information générale ne remplace pas une analyse personnalisée de votre dossier.

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